Crises Une seule santé
Gouvernance, épidémiologie,
prévention et détection
des crises de Une seule santé
En 2019, la Chaire, en collaboration avec Ronald Labonté de l’Université d’Ottawa et plusieurs autres chercheurs, créaient le Réseau mondial Une seule santé pour la gouvernance des maladies infectieuses et de la résistance aux antimicrobiens (Global 1HN). Ce réseau a facilité la création de plusieurs projets de recherche en Une Seule Santé. Ainsi la Chaire, en collaboration avec des chercheurs de l’Agence de Santé Publique du Canada (ASPC) et de l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) se penchaient sur l’utilité des médias sociaux publics dans la surveillance basée sur les événements. Les résultats ont montré une forte association entre la publication d’opinions négatives sur les mesures de santé publique sur les réseaux sociaux (comme Twitter) et une moindre adhésion à ces mesures. Ce projet a également permis de démontrer que ChatGPT performe de manière similaire aux humains pour la classification des sentiments face aux mesures de santé publique.
L’équipe a également évalué comment les canaux de communication ont contribué à la mise en œuvre de l’approche « One Health » lors d’un cas de grippe porcine (H1N2v) en Alberta en 2020. Il a été constaté que la construction de relations et le développement de la confiance entre les parties prenantes étaient essentiels pour une réponse réussie en matière de santé publique et animale. Cela souligne l’importance d’exercices de simulation trans-sectoriels pour établir des relations avant une crise sanitaire.
Les travaux de la Chaire sur l’utilisation des médias sociaux pour améliorer la surveillance basée sur les événements ont conduit à un autre projet pour évaluer la validité des codes CIM pour classer les surdoses d’opioïdes en l’absence de norme de référence (Fiston Mbutiwi). L’ASPC utilise ces codes pour évaluer la situation des surdoses d’opioïdes au Canada, mais avec un retard d’au moins six mois, ce qui est trop tard pour intervenir. Seulement trois études étaient éligibles, ce qui est préoccupant et appelle à plus de recherches.
Dans le contexte de crise de la COVID-19, la Chaire a contribué à évaluer la performance des chiens à détecter le SARS-CoV-2 (Fiston Mbutiwi). Les résultats montrent que la performance des chiens est surestimée si certains facteurs ne sont pas pris en compte. La Chaire a également contribué à évaluer le risque d’infection des chats par leurs propriétaires atteints de COVID-19, en collaboration avec le Laboratoire Une seule santé. Environ deux tiers des humains atteints de SARS-CoV-2 ont infecté leurs chats, soulignant l’importance d’une approche Une Seule Santé en temps de crise.
Sous-projets
Cohorte sentinelle
Une seule santé
Il n’existe pas encore d’infrastructure solide pour une surveillance intégrée des menaces potentielles pour la santé publique, animale et végétale. La souche de grippe aviaire H5N1 est particulièrement virulente pour les oiseaux et peut également infecter les mammifères, y compris les bovins laitiers et les humains. La Chaire et le Précrisa, avec plusieurs autres partenaires, établissent présentement une cohorte Une Seule Santé dans des fermes laitières et des petits élevages au Québec pour évaluer l’exposition des humains et des animaux au H5N1 et l’acceptabilité et la faisabilité d’un système de surveillance sentinelle Une seule santé pour le H5N1 et les infections émergentes futures (Marine Hubert). Si elle réussit, cette cohorte serait unique au Canada et pourrait servir de modèle pour la surveillance sentinelle Use seule santé et être étendue à la faune. L’objectif à plus long terme est d’obtenir du financement pour établir une cohorte de fermes sentinelles où l’exposition à diverses infections ou contaminants sera surveillée dans le temps parmi les animaux de production et de compagnie, la faune, les humains et l’environnement, et liée aux états de santé. Ce serait la première cohorte sentinelle de ce type au niveau mondial.
Épidémiologie et gouvernance des zoonoses parasitaires négligées au Canada
Les zoonoses parasitaires négligées consistent en des maladies causées par des parasites pour lesquelles il y a peu de recherche et pas de programmes de surveillance. Au Canada, nous pouvons considérer Toxoplasma gondii, Toxocara spp, Echinococcus spp et Baylisascaris procyonis comme étant des zoonoses parasitaires négligées. Ces zoonoses peuvent causer des séquelles chroniques telles que l’épilepsie, des troubles bipolaires, des maladies du foie et des poumons, et même la mort. La distribution de ses zoonoses est influencée par les conditions climatiques et météorologiques car une partie de leur cycle de vie se déroule dans l’environnement. Il n’existe pas d’estimations nationales de la prévalence de ces zoonoses chez les humains ou les animaux au Canada. La Chaire se penche sur l’identification de sources de données, l’estimation de la prévalence des anticorps pour certaines zoonoses parasitaires dans la population canadienne et leur lien avec des indicateurs de santé mentale et le développement d’une feuille de route pour un système de surveillance Une seule santé (Katrina Di Bacco). L’objectif à plus long terme sera d’évaluer si les prévalences de ces infections changent avec le réchauffement climatique au Canada.
Ce contenu a été mis à jour le 11 mars 2025 à 12h47.